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Appartements économes ?

L’urbanisme économe doit intégrer le bâti existant et les quartiers en restructuration. Au prétexte de l’harmonie architecturale et des matériaux, les autorités imposent régulièrement des absurdités thermiques propres aux cités des siècles passés. Les populations d’alors vivaient dans le froid, la misère et le dénuement, seuls les notables prétendaient à quelque confort. L’histoire doit elle se répéter ? L’époque des « vaches grasses » énergétiques est bel et bien révolue, la ville est directement impactée par des difficultés sociales liées au coût des kilowattheures, les jeunes en sont les premières victimes.

Entre ombre et lumière, le choix des dépenses...

Les citadins revendiquent eux aussi le droit à de moindres dépenses. Les immeubles reconstruits sur site en s’alignant sur des traditions architecturales moyenâgeuses ne sont pas le summum de la performance thermique et engendrent fréquemment d’importants surcoûts pour les locataires. Les décideurs de nos collectivités devront probablement aller vers des compromis esthétiques beaucoup plus marqués.

Un appartement économe est toujours ensoleillé et généreusement isolé. Choisissez si possible une vue imprenable sur la lumière. Le cas échéant, exigez une révision du loyer annuel à la baisse correspondant au gaspillage énergétique imposé, soit sensiblement l’équivalent d’un mois de versement.

Que la lumière soit !

Avant de parler de chauffage à la maison il est essentiel d’envisager les moyens de s’en passer, ou de repousser le plus loin possible l’instant de sa mise en route, car les calories circulant dans nos radiateurs sont rarement gratuites. Par contre, les kilowattheures solaires ne coûtent rien, sont parfaitement propres et disponibles presque partout en quantité, il suffit de récolter.

Au soleil, intensément ...

Le volume d’apports solaires thermiques à travers les surfaces vitrées dépend de l’orientation, de la surface et du type de vitrage. Les différences de consommation liées à l’éclairement d’une habitation sont bien réelles et franchissent aisément la barre de 400 euros par saison de chauffe entre des façades opposées nord et sud pour un appartement de type 3. Par exemple à Poitiers, la différence de consommation entre deux appartements d’un même immeuble, l’un disposant de 8 m² de doubles vitrages au sud et l’autre, identique mais au nord, s’élève à 3488 kWh par an pour le seul chauffage (232 jours). Ces appartements étant par construction traités en tout électrique, chaque année le locataire au nord paye 368,68 euros de plus que sa voisine au sud pour un confort de vie nettement moindre. Un constat similaire est établi pour toutes les énergies, choisissez votre lieu de résidence boussole en main !

Les simples vitrages sont très justement assimilés à des passoires thermiques. Cependant ce défaut notoire peut parfois se révéler un allié. En effet, l’absence de capacité d’isolation laisse la part belle à des apports solaires importants (lorsqu’ils existent). Une fermeture judicieuse des volets par temps froid limite nettement les déperditions en conservant d’excellentes entrées de kilowattheures par la lumière naturelle. Au final, selon les régions, un simple vitrage au sud bien géré se révèle globalement plus performant qu’un double vitrage des années 80 sans occultation hivernale. Si vous êtes locataire d’un tel équipement vous pouvez limiter les dégâts au porte monnaie en laissant les volets fermés par grand froid, voire en ajoutant des rideaux épais et largement ajustés devant les baies (sans masquer les radiateurs). Dans l’idéal bien sûr, il est préférable de construire une isolation thermique performante.